Un clip en cadeau

Il y a 4 ans, la tradition des clips de fin d’année est née dans ma classe. Et je peux dire que c’est grâce aux gars cette année-là. 16 gars et 8 filles! Toute l’année à voter et à finir avec le choix de la majorité: les gars! Pour moi, ça ne changeait rien, mais pour les filles de la classe, ça ne leur a pas laissé beaucoup de place et de choix. J’ai  donc voulu leur faire plaisir. Les laisser avoir complètement le contrôle l’instant d’un après-midi. Et comment faire plaisir à 8 filles? Faire un clip dans lequel elles seraient des reines! Ça tombait vraiment bien. Amylie venait de sortir la chanson « Les filles ». Festif, coloré, rassembleur. Parfait pour s’inventer un scénario! Je me suis alors rendue à l’école une journée de congé pour « emprunter » les filles seulement et jouer dans la cour avec des draps, des confettis, des suçons et un trépied. Un moment exclusif avec les filles pour rire et inventer ensemble qui a fait quelques jaloux, j’en conviens. Mais les gars n’ont pas été en reste, ils ont eu leur moment de gloire à la fin du clip. Un beau moment qui restera tatoué sur mon coeur. Ça fait déjà 4 ans de cela. Ce groupe s’apprête à quitter pour le secondaire. Ils nous aurons légué une tradition qui se révélera être l’ADN de notre classe en juin.

 

 

 

L’année d’après, c’est avec tous les élèves que nous avons créer le clip sur la chanson « Comme des enfants en cavale » de Alexandre Poulin. Un clip en noir et blanc poétique, porteur d’un message d’espoir, centré sur les rêves. À l’image de mes élèves de cette année-là. Parce que le critère numéro un du choix d’une chanson, c’est qu’elle nous ressemble et qu’elle nous rassemble. Les élèves ont participé au scénario et ont incarné des personnages. Le résultat m'avait moi-même impressionnée!

 

L’année suivante, nous avons choisi « Les colorées » de Alex Nevsky pour célébrer la diversité, l’énergie et le bonheur de faire autrement. Un clip qui s’est fait dans la simplicité. Une caméra sur un trépied et l’ordre indéfectible de s’amuser librement dans la cour d’école tout un après-midi. Pour être honnête, cette fin d’année a été plutôt difficile pour moi. Je me refaisais des forces et j’ai opté pour le scénario libre et le peu de montage. Je me suis amusée avec un peu de stop motion. J’aurais très bien pu le vivre avec toute la classe. Cela aurait été une belle expérience pédagogique. Mais j’ai fait des choix. La simplicité! Et c’est un clip magnifique finalement qui en a émergé. Un clip porteur de sens pour moi aussi.

 

L’an dernier, comme les élèves étaient très engagés dans notre projet Les petits Boulangers, nous avons trouvé la chanson parfaite pour incarner nos valeurs. « C’est combien? » de Fred Pellerin s’est imposée d’elle-même. Toute l’année nous avions parlé de générosité, de temps, de créations faits mains et qui ont un réel impact sur notre communauté. Alors nous sommes sortis de l’école et nous avons rencontré des gens sur le petit chemin dans le Campanile. Des personnes âgées pour la plupart. L’occasion parfaite pour travailler le savoir-être. Saluer, regarder dans les yeux, laisser passer, s’ajuster aux gens. Et donner. Donner du pain et répondre à la sempiternelle question « Ça coûte combien? ». Un réflexe de notre société de consommation. L’occasion parfaite aussi pour porter un regard citoyen sur le don à la communauté. Un clip chaleureux, généreux et réconfortant comme un bon pain.

 

Et cette année. Oh là là. J’ai eu du mal avant de trouver une chanson porteuse. Mais j’avais des images en tête. Inspirée par mes élèves qui avaient tant appris en collaboration, appris à bâtir avec leurs pairs (les garçons étaient fou de joie que je les laisse jouer avec des marteaux et des bouts de bois dans la classe), à résoudre des problèmes, j’ai eu l’idée d’aller de faire une cabane dans le bois. Alors la chanson est venue à moi un soir. Pourquoi ne pas reprendre une chanson de Amylie. « La hauteur » était une chanson parfaite pour incarner la co-construction, le droit à l’erreur et le plaisir! Et du plaisir nous en avons eu. Je les ai laissé se surprendre et je les ai laissé me surprendre. J’ai été émue de voir qu’ils étaient capables de s’occuper pendant 2 heures de temps dans le boisée. Savoir profiter de son environnement, celui qui est tout près de nous et que l’on exploite trop peu. C’est important. Prendre le temps de se connecter à la nature, d’observer, de ne rien faire, de s’écarter du groupe ou de se rapprocher, ça aussi c’est essentiel. Et avoir du plaisir à créer ensemble. Une dame s’est d’ailleursarrêtée pour nous dire qu’elle aurait aimé faire ça dans son temps. Et ça ne veut pas dire que tout sera parfait. J’ai dû intervenir quelques fois pour guider le travail d'équipe. Mais c’est ça l’école. Être en apprentissage dans différents cadres.  Et ce sont les expériences riches, parfois hors des sentiers battus qui sont les plus formatrices. 

 

 

Alors ce clip comme tous les précédents, je les porte dans mon coeur parce qu’ils sont l’identité de mes groupes, de ce que nous avons appris, bâti, façonné ensemble. Toutes nos valeurs communes de classe s’y trouvent. C'est riche, c'est personnel. Ça crée un fort sentiment d’appartenance. Et moi, ça m’aide à boucler la boucle sur du positif.

 

 

Et mes petits cocos repartent la dernière journée non pas avec un cadeau acheté et emballé, mais avec un symbole, comme un totem de notre année, un film de la mémoire qui tourne, pour se rappeler toujours comme c'est bon d’être ensemble et d’apprécier ce qui ne s’achète pas. 

Le plus gros bouquet de fleurs du monde

Il y a peu de mots pour décrire dans quel état d’esprit je me trouve en écrivant ces lignes. 

 

Reconnaissance. Gratitude. Merci.

 

Voilà qui résume sommairement ce prix décerné par La Capitale comme personnalité des services publics catégorie éducation. 

 

J’aurais aimé dire que l’on accepte un prix en éducation comme on reçoit des fleurs, mais c'est plus que ça. Ça vient avec une réflexion sur l’éducation. C'est dans ma nature de me questionner, d’examiner toutes les dimensions d’un événement. C’est là que vous avez le droit de penser que je suis un  être « compliqué ». Ce n’est pas faux. Ajoutez à ça que je vis les choses intensément, avec passion, le bon comme le mauvais… Hé oui….

 

Lorsque l’on m’a appelé à l’école pour m’annoncer la nouvelle, j’ai cru un instant à un canular. C'est lorsque l’on a nommé le nom d’un parent de ma classe que j’ai compris que je parlais à quelqu’un de crédible. Et c’est là que je me suis mise à pleurer. De même. Dans le corridor. Je n’ai pas porté attention au montant d’argent que je venais de gagner. Rien ne valait plus cher que cette reconnaissance qui venait d’émerger de mon milieu. Le nom de la maman résonnait encore dans ma tête. Un parent avait pris la peine de remplir une demande de candidature de plusieurs pages pour parler des valeurs de notre classe, des projets, des approches. Un parent avait réussi à cerner mes intentions pédagogiques et à détailler les critères de mise en candidature: la primauté de la personne, l’engagement, le dévouement, l’initiative et les retombées humaines. Dans cette candidature, il y avait tout ce que je suis comme enseignante, toute ce que je suis comme personne. Ça valait plus qu’un chèque. Un bouquet de fleurs immense.

 

 

 

Une reconnaissance collective ou des fleurs à partager

 

Une semaine à recevoir des félicitations sur les réseaux, par courriel, sur la cour d’école, à la garderie de mes enfants. Mes directrices, le président de la commission scolaire et même Sébastien Proulx, le ministre de l’éducation m’écrivent pour me féliciter… Et là, un petit quelque chose s’installe. Comme si j’étais un imposteur. Et si j’avais simplement attraper le bouquet de la mariée? Un doux hasard… Le doute fait partie de moi, vous l’aurez deviné.

 

J’ai eu besoin de le dire. J’ai maintenant besoin de l’écrire. Beaucoup d’enseignants mériteraient ce prix. J’apprends à assumer que celui-ci me revient. Après des années moins fleuries, je me dois de l’accepter. Pour la jeune enseignante qui a voulu quitter un jour, retourner aux études, partir en voyage ou vendre des souliers. Je ne savais plus où j’en étais. Avant de me trouver professionnellement et de faire un volte-face pédagogique, de courir dans les vents contraires, d’aller à la rencontre de la délinquance créative, de la communauté et des réels besoins des enfants. 

 

Pour moi ce prix représente une récompense collective pour l’éducation. Puisque je ne serais pas cette enseignante sans les autres, mes pairs, mes mentors, mes collègues, mes stagiaires, mes enseignants, mes amis, mes élèves, mon réseau, ma tribu, mes filles… Mes parents aussi. Mon père, l’artiste. Ma mère, l’humaniste. J’ai pris le meilleur des deux, je pense bien. Je ne l’ai jamais dit à mes parents, mais je leur ai réservé une place sur le babillard des inspirations dans ma classe. Quand mes élèves me demandent qui sont toutes ces personnes, je leur réponds qu’ils sont l’école; mes parents, les parents engagés de mes élèves, les grands-parents généreux. Vous êtes l’école. Vous faites fleurir les intérêts des enfants, vous m’aidez à éclairer leur voie. Sans vous, je n’y arriverais pas. Vous êtes l’école sociale, lumineuse et colorée comme je l’ai toujours rêvée. 

 

Alors, si vous lisez ces lignes, soyez convaincu que je partage avec vous les fleurs de ce bouquet. Recevez une fleur en signe de gratitude pour votre inspiration, votre générosité, votre écoute, votre engagement pour l’éducation. Pour tout ce que vous m’apporter et que je n’ai pas osé vous dire. 

 

 

 

Une responsabilité ou le pot de fleurs

 

Une reconnaissance de cette envergure me remplie de joie, mais m’angoisse tout autant. Je devrai être à la hauteur de cette confiance accordée. Toujours. 

 

Même si je sais qu’il y aura des jours plus brouillons…

 

C'est probablement l’enfant qui voulait être parfait en moi qui s’exprime. 

 

Je lui parle tout doucement à l’oreille comme je le dis à mes élèves: "Tu n’as pas à être parfait. C’est parfait que tu ne le sois pas d’ailleurs."

 

Alors, je continuerai à faire de mon mieux. Mais à parfois oublier, rêver trop fort, procrastiner sur mes corrections et soupirer sur les manques de services aux élèves.

 

Je ferai assurément des erreurs. Mais je tenterai de me reprendre. Je m’excuserai et je recommencerai. C’est ce que je peux faire de mieux. Montrer que j’apprends encore et toujours. 

 

 

 

À toi le prof qui pense que l’on t’a oublié ou la livraison retardée du fleuriste

 

L’intention de ce billet n’est absolument de me relancer des fleurs. J'en ai plein les cheveux, je nage dans les pétales et effluves parfumées des relents de ce bouquet. J’ai plutôt pensé aux années difficiles en enseignement.  Un épuisement en début de carrière pour moi. Et une année à me remettre en question. Me croirez-vous si je vous dis que c'était il y a à peine deux ans. J’avais écrit un texte libérateur ici

 

Pour ces années difficiles, celles passées et celles à venir, qui sait. Pour tous mes collègues qui ne reçoivent pas de rétroactions, qui se sentent désemparées, je leur donne une fleur. La fleur du courage, de la persévérance, la fleur de la solidarité. 

 

Croyez-moi, on peut refleurir après avoir été piétinée. Et on revient plus fort. Plus vrai aussi. Meilleur assurément. 

 

 

 

Partage, inspire, transforme ou lance les graines dans le vent du changement 

 

Mercredi prochain,  je retournai à Université Laval. Je rencontrerai les étudiants du BÉPEP pour une 3e fois. Je lancerai les graines dans le terreau fertile. Et je leur dirai de souffler ensemble sur le vent du changement. Pour que des prix de cette nature pour l’éducation se multiplient et envahissent l’air pédagogique comme du pollen. Pour étouffer les mauvaises herbes qui paralysent. Pour faire renaitre les pousses qui, à leur tour, fleuriront pour en faire le plus gros bouquet de fleurs du monde.

 

 

Des fleurs pour vous!

 

Merci à Elena, la maman qui a rassemblé toutes les fleurs du bouquet, qui a formulé un hommage à l'éducation, la vraie, la lumineuse. Celle qui fait que l’on progresse collectivement. Je t’en serai éternellement reconnaissante. 

 

Merci à Goran et Thomas pour ce magnifique montage. Thomas, tu as su mettre en lumière l’essence même de la classe. Du travail d’orfèvre après deux heures de tournage à parler différenciation, littératie, numératie,  projets collaboratifs, pédagogie sociale et bien plus. Je salue ton talent, ton écoute, ta sensibilité. Merci mille fois!  

 

 

Bravo aux lauréats inspirants que j’ai rencontrés. La portée sociale de vos réalisations me touche profondément. 

 

"Rien de grand ne s’est fait sans passion." (Hegel). Tiré du site @magirard

 



Le babillard des inspirations parce que ça prend tout un village pour élever un enfant. 

Avec ma mère, l'infirmière humaniste et mon père, le photographe artiste ainsi que tous les parents qui font l'école avec moi. 

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La mélodie du bonheur

Ma rencontre avec Marilou à la  radio  étudiante et le talent musical des jeunes du CAHM m’ont inspiré ce billet “musical” post-Clair 2017.

 

 

Voilà maintenant 4 ans que Clair est mon leitmotiv de janvier. Chaque début d’année est le prélude d’un mois riche en partage, en débats sociaux, en découvertes pédagogiques et humaines.

 

 

Cette  symphonie pédagogique a débuté sans fausse note. C’est Annick Sirard qui l’a si parfaitement souligné sur le fil Twitter de #Clair2017: “Quand un colloque en éducation commence par des élèves, tu sais que tu es à la bonne place.”

 

 

D’abord, je tiens à dire merci à Diana, une élève du CAHM,  de nous avoir fait vibrer avec ses créations musicales Beatbox. Tu peux être fière de toi pour cette audace, cette créativité. Je t’aurais écouté encore longtemps. D’ailleurs, je lance l’invitation à te connecter à ma classe pour partager ton talent au-delà des frontières du Nouveau-Brunswick. Ne doute jamais de l’inspiration que tu transmets quand tu fais ce qui te fait briller.

 

 

Et je peux en dire autant de Jérémy, le président du conseil des élèves du CAHM. En s’adressant à 350 adultes issus du monde de l’éducation, tu as prouvé toi aussi que les élèves peuvent être nos meilleurs professeurs. Articulé, confiant, allegro comme disent les Italiens! Un chef d’orchestre au ton tout à fait au diapason avec l’esprit de Clair.

 

 

Et que dire de toutes ces jeunes filles qui sont montées sur scène. Vos  voix qui tracent la voie, des mélopées pour se souvenir de la beauté des textes et des notes de grands compositeurs comme Cohen, des crescendos  pour se rappeler que les collectifs en éducation seront nécessaires, des mélodies pour laisser en trame de fond ce qui compte le plus, vous, les élèves. C’est d’ailleurs le nuage de bulles qui le confirme à chaque année.

 

 

Pas étonnant qu’après ces concerts de notes et de mots que la salle et le fil Twitter passent par toutes les  gammes d’émotions et initient les débats nécessaires pour faire évoluer l’éducation.

 

 

Il n’en fallait pas moins pour lancer le 8e colloque pédagogique à Clair au Centre d’Apprentissage du Haut-Madawaska. Les visites des classes, et en contrepoint, celles du forum des pratiques gagnantes se sont suivies à une belle cadence. Après 4 ans de visite dans ce milieu effervescent, je suis toujours impressionnée de l’apport de la communauté dans cette école, des projets innovants, de l’intégration du numérique au service de la pédagogie ainsi que de l’aisance et de la fierté des élèves. Les choix pédagogiques et la forme de leadership engagé sont visiblement tournés vers la pédagogie sociale, en accord parfait avec les besoins des enfants. Valérie Cadieux a su en faire un tour guidé très complet sur son site

 

 

Et sur ma feuille de notes, ce sont succédé des conférenciers qui ont eu le pouvoir de laisser des airs de réflexion et une séance ignite bien imagée ici sur le blogue de Julie Chandonnet.

 

 

Et quand les mélodies du jour ont laissé place à la musique du soir, à l’unisson nous avons convergé vers Edmundston. L’heure se fait à la fête, mais aussi aux confidences entre profs. J’ai l’oreille absolue  pour ça. Pour accueillir le trop plein. Ne nous mentons pas. La société est en pleine mutation. Pourquoi il en serait autrement de l’éducation? Nos conversations ont donc parfois détonné avec l’énergie de Clair l’instant d’une soirée. Mais Clair, ce sont principalement des gens. Des profs qui retourneront en classe le lundi après un  jam intensif de notes positives. Parfois la réalité mérite que l’on s’arrête ensemble et que l’on écoute. Ces profs qui en sourdine  ont dit combien ils aimaient enseigner, mais combien ils sentaient qu’il manquait quelques ressources aux élèves pour créer des milieux harmonieux. Un simple  bémol à notre système d’éducation, et ce, public/privé confondus. Oui, je sais, vous avez peut-être le goût, à ce moment, d’arrêter la lecture qui vous parait maintenant dissonante. Ok, vous êtes encore là. Alors, pour vous je continue. Et j’écoute, parce que je comprends. Enseigner, c’est palpitant, mais c’est complexe aussi. Et ça ne se fera pas en dehors de la société, des réalités et des débats communs.

 

 

À l’unisson mes amis, d’une même  voix,  c’est possible selon moi. Mais nous aurons besoin de ces moments de “silence” loin des “bruits de la classe” pour réfléchir. Et je ne parle pas de réflexion individuelle, je parle de réunir différents acteurs pour réfléchir  en collectivité. Comme ce que Clair nous offre.

 

 

Alors j’invite les instruments le plus puissants du changement à se mobiliser pour Clair 2018 ou lors de toute autre initiative dans les milieux. J’entends par instruments, les agents de changement et non de conservation comme disait si bien Rosée Morissette: enseignants, directions, conseillers pédagogiques, directeurs des services éducatifs, directeurs, parents, élèves, gens de la communauté et j’en passe! La réflexion sur les rencontres satelittaires a été lancée par Sylvain Desautels et Mario Asselin.  Je vous partage donc le billet de Mario Asselin.

 

 

Deux jours vite passés. Je suis repartie la tête pleine de  mélodies. Dans l’auto, nous avons écouté des reprises de chansons. Même message, nouvel habillage. Et j’ai pensé... Habillons l’éducation de ses plus beaux habits et portons ensemble un message fort, ajoutons sur la partition des notes pleines d’humanité, à l’unisson  les amis, à l’unisson. Parce que l'on a toujours le choix du genre de  musique  que l’on veut  écouter  dans sa tête. Lundi, je choisirai les plus beaux airs pour les chanter à mon tour à mes élèves, les silencieux, les mélodieux, les bruiteurs tout comme les chahuteurs.

 

 

Merci à Roberto Gauvin, les enseignants, le personnel,  les bénévoles et les élèves du  CAHM. Vous êtes un incubateur extraordinaire. Merci à mes amis, mes collègues, ma tribu. Les anciens comme les nouveaux. Vous êtes ma lumière professionnelle. Merci à mes super collègues à l’école Coeur-Vaillant-Campanile qui ont suivi la session ignite à distance, à mes élèves d'amour de me permettre d’être une meilleure prof et une meilleure personne.

 

 

Maintenant, laissez-moi jouer au DJ. Appelez-moi DJ-4! Je sais, ça résonne comme un robot ou un formulaire du gouvernement. Je vous offre donc des tounes qui me font penser à ces moments forts et à vous la gang de crinqués. À vous de bien vous concentrer sur les paroles (sauf pour la dernière). Je prendrai même les demandes spéciales dans vos commentaires. Êtes-vous game? Musique!!!!

 

 

 


Je te donne Jean-Jacques et Michael Jones

LA chanson qui représente le plus ce Clair 2017 pour moi

Je l'ai choisie en pensant à ma team de ignite: Carl, Pierre, Jocelyn, Sylvain, Julie, Brigitte et Andrée. Vous êtes si inspirants! 


4488 de l'Amour Les Soeurs Boulay 

Parce que ça me fait penser au ignite avec ma soeur pédagogique Julie


 Human The Killers

Pour Julie pour lui faire oublier qu'elle vient d'écouter Les Soeurs Boulay


Mille après mille Willie Lamothe, revisité par Fred Pellerin (parce que que je sais que mon amie Karine Godin-Tremblay aimera)

Pour le bon temps passé à chanter avec la gang de musiciens généreux


Help The Beatles

Pour les enseignants qui le crient tout haut ou en silence


Enjoy The Silence Depeche Mode

En lien avec ce que M. Guillem nous a partagé 

Et pour mon amie Natalie Laroche


Down To Earth Peter Gabriel 

Pour m'aider à revenir sur Terre après ce périple à Clair

Je la dédie à Sylvain Bérubé qui a s'est joint à nous en tant que robot télé-présence et qui a gentiment corrigé ce billet


Tout le monde en même temps de Louis-Jean Cormier

"À l'unisson les amis, d'une même voix..."


Une toune cachée (pour rire)...

Pour Jocelyn Dagenais




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La créativité pour transformer les pratiques en éducation

Par Catherine Lapointe

 La créativité pour évoluer en collectivité (extrait du mémoire en éducation rédigé en collaboration avec Monique Lachance et Julie Chamberland)

Force est de constater que le développement de la créativité, qui doit être interprétée comme toute solution originale à un problème ou comme un mode d’expression et non seulement comme une compétence artistique, devient aussi important que de savoir lire et écrire si on veut évoluer dans une société capable de progresser. Voilà pourquoi le fait de laisser de la place au pouvoir créatif des enfants devrait être une priorité dans nos écoles. 

 

La structure actuelle de nos écoles amène trop souvent les enseignants à ne jouer qu’un rôle de techniciens en éducation quand ils devraient essentiellement être des artistes. Leur créativité devrait primer à l’école pour faire de la classe un milieu de vie flexible et perméable aux solutions créatives face aux problèmes de la vie quotidienne. La pédagogie serait ainsi mise en lumière par des pédagogues capables de créer des situations d’apprentissage uniques, adaptées aux besoins de leurs élèves et en complicité avec le milieu de vie. La pédagogie par la résolution de problèmes, comme la recherche-action créative en lien avec des problèmes authentiques, en est un bon exemple. On le voit dans bon nombre de milieux, cette démarche créative des élèves et des enseignants devient exponentielle lorsqu’elle est ouverte à toute la collectivité, soit par les réseaux ou par l’appel concret à la communauté (parents experts). L’ouverture des classes sur la communauté multiplie les interactions créatives et fait naitre des initiatives signifiantes qui répondent à des besoins sociaux concrets. Cette démarche pédagogique donne la possibilité de développer les compétences du 21e siècle qui permettront aux élèves d’acquérir des réflexes de citoyens responsables : “lorsqu’on propose des défis scolaires stimulants, amusants et signifiants, les élèves sont motivés à accomplir une tâche dans le plaisir. Les enfants et adolescents sont profondément liés à la dimension hédoniste et émotive de l’apprentissage. Conséquemment, il est faux de prétendre qu’apprendre doit nécessairement être douloureux et ennuyant. Le pari contraire est à envisager : ludifier l’apprentissage et valoriser l’expérimentation est possible, voire nécessaire, car le jeu est lui-même porteur de leçons en termes de collaboration, de communication, d’organisation et de rétroaction.” (Tiré du Manifeste pour une pédagogie renouvelée,  active et contemporaine http://www.pedagogieactive.com)

 

Pour valoriser cette créativité, il faut décloisonner la classe et prendre conscience que l’éducation se vit aussi au-delà des frontières physiques du local. Il existe maintes façons d’apprendre et il y a lieu de considérer que l’apprentissage trouve sa pertinence, bien souvent, dans la relation éducative que les acteurs en milieu scolaire entretiennent à l’externe. Il faut offrir la possibilité aux élèves de témoigner autrement de leur compréhension, sans toutefois perdre de vue les impératifs prescrits dans les programmes. Pour favoriser l’émergence du processus créatif, les enseignants doivent laisser les élèves les surprendre, leur faire confiance, accepter une certaine dose d’inconnu, voire d’inconfort, et être moins directifs.

 

Un exemple de processus créatif, actif, motivant et ancré dans la réalité est l’exploitation à des fins pédagogiques des innombrables applications du Web 2.0, dites « sociales », qui incluent des aspects de communication bidirectionnelle entre la personne qui publie et celles qui consultent les productions (texte, vidéo, son, image, animation, etc.). Par les échanges et la rétroaction qui s’ensuivent, un espace de motivation intrinsèque se construit, lequel génère des apprentissages signifiants et un sentiment d’accomplissement.

 

Recommandations

  • Réserver un budget pour des livres de qualité, du matériel de manipulation, des temps de libération pour des formations et des partages pédagogiques adaptés et évolutifs des enseignants en littératie et numéraire ainsi qu’un budget pour la traduction d'ouvrages pertinents pour accompagner les pratiques gagnantes en classe.

 

  • La créativité individuelle des élèves doit être encouragée par tous les enseignants. La créativité des enseignants doit avoir sa place comme modèle dans une classe. Et la créativité sociale doit avoir une porte d’entrée dans toutes les classes pour créer collectivement.

 

  • Le fait d’être créatif a une grande influence sur les choix et les approches pédagogiques. Cette liste, sans être exhaustive, donne une idée des possibilités :

 

Le fait d’être créatif a une grande influence sur les choix et les approches pédagogiques. Pour n’en nommer que quelques-uns :

 

 

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Les papillons de feu

M. Réjean Bergeron, je me permets de réagir à votre article ": Prométhée enchaîné et le « métier » d’enseignant.
Il est vrai qu'il faut utiliser notre jugement critique, et ce, dans l'ensemble de nos choix pédagogiques. Mais pour faire un choix éclairé il faut bien connaître le sujet, connaître les impacts notamment. Intégrer les TIC dans une salle de classe c'est comme passer à travers les différents stades du papillon. Lorsqu'on est prêt à voler, on met en lumière la Pédagogie avec un grand P. On ouvre la classe au monde extérieur, on fait entrer les familles, on permet aux élèves de collaborer avec d'autres élèves, d'autres enseignants, des parents, des gens de la communauté inspirants, des humains finalement!  Les connaissances se trouvent alors enrichies par toutes ces interactions et ces partages. C'est l'émergence de leur propre sens critique face au monde. Est-ce que c'est de cette technologie dont vous faites référence dans votre article?
Les enseignants que je côtoie sur les réseaux sont des passionnés d’une rare générosité. Ils se rassemblent pour améliorer cet art qu’est enseigner.  Ils ont le coeur à la bonne place et développent ensemble des approches humanisantes. 
 
Ma classe n’a jamais été aussi humanisée, non seulement par moi mais aussi par toute une communauté. Interrogez n’importe quel parent de ma classe et il vous le confirmera avec certitude et gratitude.
 
Le progrès ne repose pas sur les outils mais la façon dont on les utilise.  Enseigner est un art qui me passionne. Le lien qui m’unit à mes élèves est fort et perdure dans le temps. J’utilise des outils de partage qui créent une identité dans notre groupe.

Les technologies deviennent principalement un outil pour les élèves en difficultés. Ces moyens sont maintenant utilisés pour les étudiants à l’université. Vous êtes professeur au Cégep donc je ne vous apprends rien. Alors, on ne parle pas ici de technologie comme gadget, on parle d’outils d’aide et de moyens numériques pour coopérer.

Je côtoie tous les jours des enseignants pédagonumériques qui transmettent le feu à leurs élèves comme vous dites. Leurs élèves écrivent des textes d’une grande qualité et partagent des lectures avec bonheur. Ils développent avec créativité des énigmes mathématiques et sont fiers de savoir que leurs parents et même leurs grands-parents viennent de laisser un commentaire sur leur dernière recherche. Ces enseignants permettent à leurs élèves de développer leur ouverture d'esprit afin que plus tard ils ne perçoivent pas les questions de société de manière unidimensionnelle .

Mais j’avoue que j’aime lire les différents points de vue sur ce sujet. Ça me permet de comprendre pourquoi les gens ont peur des technologies en éducation. 
 
Je sais avec conviction que la plupart des bons pédagogues utilisent le numérique pour créer des ponts de lumière, éclairer les enfants et leur désir d’apprendre ensemble. Je vais donc continuer à défendre l’aspect pédagogie dans l’utilisation du numérique en classe. Lorsque j’aurai une voix publique pour le faire comme vous avez la chance d’avoir M. Bergeron, j’aurais des centaines d’exemples pour appuyer les impacts humanisants du numérique en classe. En attendant, je continue de les vivre avec ce qui me tient le plus à coeur, mes élèves.
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Clair 2016

Pour la première fois, je me lance. Je créé non seulement un billet sur mon expérience à Clair mais aussi mon blogue et la publication de courts textes perdus dans le fond de mes tiroirs. Après mes deux dernières expériences à Clair, je m'étais contentée de faire des montages. J'ai  souvent l'impression de mieux m'exprimer par les images que par les mots. Facile à comprendre quand on fait un détour par ici.

 

Mais cette 3e expérience à Clair a été spéciale. Solidement centrée sur l'humain. Et des humains avec un grand H, j'en ai retenue quelques-uns qui auront marqués ce Clair 2016. Parmi mes rencontres phares qui me rassurent et contribuent à justifier ma quête pour une éducation centrée sur les bonnes valeurs, il y a Karine Rileypartenaire de Julie Chandonnet dans le projet de fou qu'est Anime Histoire, entre autres. J'ai appris à découvrir Karine. Une fonceuse, une créative. Pour ça, c'est mon feu de Bengale de Clair 2016.

 

Et il  y a aussi le gars qui twittait en silence derrière nous. Jocelyn Dagenais. Un collègue avec qui j'ai contribué au Manifeste pour une pédagogie active chapeauté par Marc-André Girard et que je n'avais pas eu la chance de rencontrer. Quelle découverte rafraîchissante! En plus d'être franchement drôle, Jocelyn a cette capacité d'entrer en relation avec tout le monde et aussi de s'émerveiller. Fallait voir sa face à côté de Yves Doucet. Magique! Pour ça, c'est mon feu de Bengale de Clair 2016.

 

Aller à Clair c'est aussi se laisser surprendre. Que ce soit par un loup dans une cage d'escalier ou une Andrée Marcotte, c'est pareil. J'avoue avoir été intimidée par Andrée puisque je la classe dans les Grands, les Géants du monde de la révolution en éducation tout comme Jean-Yves Fréchette, Roberto Gauvin, Mario Asselin, Jacques Cool, Serge Goyette et j'en passe. Je suis heureuse d'avoir pu parler avec Andrée de lecture, d'écriture, d'évaluations et de Brigitte Léonard, que je considère le trait d'union inspirant dans plusieurs de mes rencontres. Bref, cette soirée a passé trop vite. Sans parler que je me suis payée une séance d'abdos tellement j'ai ri. Pour ça, c'est mon feu de Bengale de Clair 2016.

 

La première fois que j'ai vu Benoit Petit c'était en mars 2014 lors du REFER. Il m'a prêté un adaptateur pour ma présentation. À ce moment, je n'avais pas eu la chance de lui parler. Déjà que je me concentrais pour ne pas l'appeler @petitbenoit! La conférence de Benoit Petit m'a énormément inspirée et émue. Quand mes collègues m'ont demandé ce que j'avais retenu des nouveaux outils technos-tendance 2016, j'ai répondu que je n'avais rien appris sur des gadgets mais je savais encore plus maintenant pourquoi j'enseigne et de qui j'ai envie de m'inspirer. Je suis admirative de tous les  enseignants pédago-numériques présentés par Benoit. Il faut être à l'écoute, sensible pour en faire une analyse de la sorte. Benoit Petit est comme un antropologue de l'éducation.  Pour ça, c'est mon feu de Bengale de Clair 2016.

 

Je m'en voudrais d'oublier notre nano poète Jean-Yves Fréchette. Découvert avant 2016, sur les berges du REFER, aux abords de Clair 2015 et dans les zones urbaines et rurales de la Francophonie des Amériques, Jean-Yves est pour moi un véritable pionnier. Pour amener ses étudiants à écrire à l'intérieur de démarches innovantes et à participer à un "party textuel"  et labourer la terre de lettres géantes, il faut être fou, fou de l'éducation, des mots et des humains! Jean-Yves, merci d'avoir commenté Rivière Bleue de la première maison à la dernière. Quoi qu'en pense ton fils, tu nous as diverties de tes histoires de famille. Quelles aient été feintes, truquées, empreintées ou contrefaites, on s'en balance, tu sais créer des moments avec ton talent. Sébastien a d'ailleurs hérité  de cette "langue paternelle", avec laquelle il joue avec aisance et prestance.  Pour ça, c'est mon feu de Bengale de Clair 2016.

 

 

Et il y a tous les autres. Mais comme mon admiration pour vous a été déclarée dans une autre année que celle indexée à ce billet, je ne peux l'imposer à l'année en cours. Sans blague, Manon Richardson, quelle audace! Une séance ignite à ton image; colorée, dynamique. Et ma soeur pédagogique Julie Chandonnet, le temps passe toujours trop vite à tes côtés parce que tu as ce don de me compléter, de lire dans mes pensées et de ne pas trop juger mes rêveries, mes bouffonneries, mes oublis et mes pitreries et ma relation étrange avec les chiffres! Tous les autres, vous savez combien je vous admire, Pierre Gagnon, Carl Parent, Julie Chamberland, Geneviève Hamelin et toutes les filles de la tribu (vous avez brillées par votre absence). Vous contribuez tous à allumer des feux , des intentions pédagogiques et de grands rêves pour l'éducation. Ne vous arrêtez jamais. Et il y a ceux avec qui j'ai manqué de temps, avec qui j'aurais aimé échanger plus: Myriam Nejmi, Isabelle Turcotte, Patrick Hould et Mathieu Thibault. Mais Clair 2017 est rempli de possibles!

 

J'arrive  toujours à Clair dans un état d'esprit qui laisse de la place aux idées même parfois en marge du courant. J'arrive toujours en voiture aussi et je repars à vol d'oiseau. Parce que Clair me donne des ailes. J'aimerais remercier Sylvain Bérubé qui agit comme allumette dans toute cette histoire puisqu'il est le premier en 2011 à m'avoir incitée à m'inscrire à Clair, haut lieu d'irréductibles gaulois de l'éducation. C'est donc grâce à lui que tous mes feux de Bengale m'ont éclairée cette année! 

 

En quittant le Nouveau-Brunswick, je suis entrée dans un petit poste à essence. Curieusement, le commis m'a parlé de sa passion pour les photos. Il a même tourné l'écran d'ordinateur pour me montrer celle dont il était le plus fier, un image de braise. Oui, Jeff (mon nouvelle ami du poste à gaz d'Edmondston) je vais me rappeler de cette image symbolique parce qu'à Clair 2017 nous n'aurons qu'à souffler le vent du changement, ensemble, pour que le feu de chaque jour reprenne. 

 

 

Catherine 

@Catlap78

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La prescription

Ce soir, j’ai fait ma première prescription. C’était pour rire oui. Pour détendre l’atmosphère plus. Parce que vous êtes entrés dans l'école avec le poids du monde sur vos épaules. Entre la course du travail, le « crush » à l’épicerie et la rencontre dans ma classe, il y a trop peu temps pour respirer. Je sais. Je comprends même.

 

Vous vous êtes assis sur la petite chaise de votre enfant, vous vous êtes excusés d'être en retard de 2 minutes. Je vous ai écouté. Vous m'avez regardé et m'avez écouté à votre tour attentivement. Et là, entre le moment où j'ai fermé l'épais dossier et votre geste d'épaule qui s'affaisse et je me suis rapprochée, vous avez ouvert la digue. Des mots dans un courant où tous les possibles ont été explorés. Des mots et des maux entremêlés. Vous avez retenu vos larmes. Je l'ai remarqué. J'ai retenu les miennes aussi. L'avez-vous remarqué? Vous m'avez fait entrer dans votre famille, dans votre intimité.  Au bout du barrage, vous vous êtes arrêtés. Vous l'avez nommé: " On est épuisés...", "On rêve parfois de partir juste nous deux sur une île déserte.", "Mais on ne ferait que dormir..".

 

À la fin de la rencontre quand le flot a dérivé vers des anecdotes, j'ai pris un post-it et j'ai écrit "Du temps pour vous 2". On a rit.   Vous avez dit merci et on s'est promis de se donner des nouvelles bientôt.

 

Je suis restée dans ma classe. Je pense à vous. Je refais le chemin de vos rapides, dans vos torrents de la vie. Je vous vois passer en canot devant l'ile déserte. Je vous vois l'espérer sans être capable d'y poser le pied. Je vous revois et je ressens une vague de reconnaissance. Vous m'avez fait confiance. Vous vous êtes livrés quitte à chavirer.

 

Je rêve du jour où je pourrai prendre du temps avec toutes mes familles comme nous venons de faire. Je rêve d'une pédagogie sociale. La version scolaire de la pédiatrie sociale du Dr Julien.

 

Je rêve et j'y crois. Tout comme cette prescription dans vos poches. 

 

 

 

 

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La salle d'attente

 

 Je suis dans une salle d’attente et je pense à vous mes élèves. Je passe chacun de vos visages, chacun de vos défis. Chacune de vos forces aussi.

 

Je suis dans une salle d’attente et je dresse la liste de vos besoins et de ce que je pourrais faire de plus pour vous aider. J’ai deux pages….

 

Tous les gens ici semblent blasés, les épaules basses de devoir perdre des minutes aussi précieuses entre 4 mur beiges "pockés" de l'hôpital . Il n’y a que moi visiblement qui s’active sur mon clavier. Enfin du temps pour réfléchir à mes actions pédagogiques. 

 

En ce moment, je suis convaincue que ce temps profitera à chacun de vous.

 

En ce moment, j’ai le sentiment que je prends soin de vous. Dans le tourbillon des cloches d’école, je n’y arrive que trop peu…

 

Demain, j’aurais l’esprit plus clair. Demain, je pourrai mettre en place de nouveaux moyens pour vous aider. D’autres moyens qui passent parfois inaperçus aux yeux de M. Tout le monde. Mais ça, ce n’est pas important. Toi, tu n’es n’est pas M. Tout le monde. L’important c’est que toi tu y crois.

 

Parfois je sens que tu y crois dès la première semaine de septembre, je t’ai dans ma poche, et d’autres fois, je dois être patiente. Parce qu’il fait savoir observer, écouter et trouver le bon moment et la « twist » pour aller te chercher. Avec le temps, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Comme plusieurs de mes collègues, je suis parfois une magicienne…

 

Je suis dans la salle d’attente et demain, si tu me fais confiance je t’aiderai encore plus.

 

Je dois te quitter, on m’appelle. Je suis dans la salle d’attente et là je dois penser à moi, parce que demain je devrai prendre soin de toi! 

 

 

*Ne t'en fais pas, je n'ai que des allergies! Mais je n'ai pas encore trouvé la formule magique pour les faire disparaitre! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La course

Je ne pensais pas un jour écrire ces deux mots, mais oui je cours.

 Une suite d'événements professionnels m'ont poussée à le faire. Plus précisément, un essoufflement général m'a encouragé à me lancer. Oui c'est curieux de choisir d'enfiler ses espadrilles quand on a du mal à respirer à fond.

Sur la piste, je retracer l'origine de ce déclic. Des couches des événements négatifs, de déceptions, d'incompréhensions, une accumulation de blessures. 

Un jour, je suis rentrée à la maison avec un manteau de couches pesantes sur le dos. La tête basse. Le cœur en miettes. Je suis tranquillement devenue l'anti-modèle de la maman forte, présente et souriante. Et je venais d'habiller inconsciemment mes enfants et mon chum de ce manteau pesant et inutile.

Et j’avais ce besoin de m'isoler comme jamais. Alors voilà, une autre couche encore plus pesante venait de s'ajouter à mon manteau.  La culpabilité. Vous savez cette petite chose qui s'infiltre dans la tête de beaucoup de mamans et qui parfois devient si grande qu'elle prend toute la place. Alors un jour, j'ai explosée.  J'ai pleuré en cachette à l'école où je travaille jusqu'au jour où la cachette n’était plus un critère pour pleurer. Et mes élèves retrouvaient une Madame Catherine les yeux rougis prétextant sans grand talent de soudaines allergies.  Et un jour ma cachette de larmes fut la maison.  En pleine heure de pointe du souper, entre le riz et le poulet. Une maman qui n'en pouvait plus. Le manteau si lourd sur mes épaules ne faisait que se gonfler devenir insupportable.  J'étais en état de survie et je comprenais difficilement comment les autres mamans y arrivaient.  Je me suis même mise à les envier. On sait bien, elles ont quelque chose que je n'ai pas. Mais incapable de savoir quoi. Mon cerveau de toute façon est surchargé et n'analyse plus les situations de la bonne manière. Une sauvegarde de la machine serait nécessaire pour pouvoir effacer tous les dossiers.

 Et puis, il y a toutes ces personnes qui une à une,  me brassent la cage. Entre autres, une amie qui me dit : «Tu sais dans les avions c'est la maman qui met son masque à oxygène en premier pour pouvoir sauver ses enfants ensuite». Bang! Et là si je ne commence pas à enlever les couches qui m'étouffent  je vais crouler sous la lourdeur des épaisseurs.

 Et je pense à toutes mes amies qui se sont remis en forme à travers un horaire de fous. Des amies monoparentales qui jonglent avec les minutes pour en réserver pour elle et ensuite revenir plus forte pour leur marmaille. C’est vrai, dans la vie il n'y a qu'une seule chose que l'on contrôle, c’est notre attitude (Mylène Paquette).  C'est bizarre cette phrase était devant mon bureau toute l'année. Alors c'est ça cette chose que les autres mamans ont et que je dois retrouver...

Alors j'ai acheté des espadrilles.  Parce que oui j'ai oublié de dire que le sport et moi, c’est deux choses! Alors, un jour je commence des intervalles. Et l`a encore Bang! 

Ça rentre dans toutes les cellules de mon corps. 

Je cours et je découvre de nouvelles sensations.

Je cours et je respire mieux (j’ai mis mon masque à oxygène).

 Je cours et j'ai chaud alors j'enlève une couche de mon manteau, puis deux, puis trois.

Je cours et je libère des infos stockées dans mon disque dur.  Je fais de l'espace. 

Je cours et je redécouvre la nature. L’odeur  des lilas, le chant des chardonnerets, du cardinal  et des mésanges.

Je cours et je saute par-dessus les limaces lentes de la piste cyclable  juste pour me rappeler que nous sommes fragiles.

Je cours et je tourne autour du poteau à mi-chemin pour me souvenir d'avoir des objectifs si petit soient-ils.

 Je cours et je sens que je me rattrape là au bout du chemin.

 Je cours et parfois entre deux intervalles, je prends des photos de ce que trouve beau, la lumière, les arbres. Pour me rappeler de qui je  suis. Pour me reconnecter à mes passions.  

Je cours et je reviens à la maison « libérée, délivrée!!!!  Non je ne pleure pas.  Je suis là» avec mes snicks. La tête haute. Le cœur gonflé.

 

 

Catherine